
Habillement (IDCC 1483) : planning et modulation en boutique de vêtements
Votre accord d'entreprise prime sur la convention collective
Depuis la loi Travail du 8 août 2016, généralisée par les ordonnances du 22 septembre 2017, un accord d'entreprise prime sur la convention de branche pour l'essentiel du temps de travail — aménagement sur l'année, contingent et majoration des heures supplémentaires, délais de prévenance, congés, forfait jours — y compris lorsqu'il est moins favorable. La branche ne reste impérative que sur une liste courte (régimes d'équivalence, période de référence supérieure à un an, durée minimale du temps partiel, durée maximale des travailleurs de nuit). À défaut d'accord d'entreprise, ce sont les règles décrites ci-dessous qui s'appliquent.
C'est pourquoi HUBO Planning est paramétré à partir de votre accord d'entreprise lorsqu'il en existe un, et sur la convention à défaut. L'outil est conçu pour cette souplesse : les règles de calcul se règlent structure par structure, et vous pouvez ajouter autant de compteurs spécifiques que nécessaire — intégrés au compteur principal d'annualisation, ou suivis séparément.
La convention 1483 en bref
La convention collective nationale du commerce de détail de l'habillement et des articles textiles (IDCC 1483, brochure 3241) est le texte de référence des boutiques de vêtements indépendantes : prêt-à-porter, lingerie, textiles et tissus, rideaux et voilages.
Elle couvre environ 50 000 salariés répartis dans plus de 23 000 établissements — une branche de TPE (plus de 8 salariés sur 10), très féminisée (79 % de femmes) et où le temps partiel concerne près d'un salarié sur trois.
Son champ d'application a des frontières précises qu'il faut connaître :
- entreprises des codes NAF 47.71Z (habillement en magasin spécialisé, hors fourrure), 47.51Z (textiles) et d'une partie du 47.53Z (rideaux et voilages) ;
- exploitant moins de cinq fonds de commerce. À partir de 5 magasins sous direction centrale commune avec les mêmes méthodes de gestion, l'entreprise relève de la convention des maisons à succursales de vente au détail d'habillement (IDCC 675) ; les grands magasins et magasins populaires relèvent de l'IDCC 2156. Une entreprise de plus de quatre fonds qui ne répond pas à la définition des succursalistes reste toutefois dans le champ de la 1483.
Le texte fondateur date du 25 novembre 1987 ; il a été révisé en profondeur par l'avenant du 17 juin 2004 (étendu par arrêté du 8 décembre 2004, en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2005). Côté temps de travail, deux textes complètent la convention : l'accord d'aménagement et de réduction du temps de travail du 4 mai 1999 et le tout récent accord relatif aux travailleurs à temps partiel du 23 octobre 2025, étendu par arrêté du 20 mai 2026.
Une année rythmée par les collections et les temps forts commerciaux
La saisonnalité du prêt-à-porter n'est pas une impression de terrain : elle est inscrite dans les textes de la branche eux-mêmes. L'accord de 1999 organise deux périodes de forte activité par semestre ; l'accord de 2025 liste noir sur blanc les motifs de renfort :
- les soldes (au sens de l'article L. 310-3 du Code de commerce), deux fois par an ;
- les fêtes commerciales : Saint-Valentin, fêtes des mères et des pères, fêtes des grands-mères et des grands-pères ;
- la rentrée scolaire (première semaine de septembre) ;
- les fêtes de fin d'année (semaine de Noël) ;
auxquels s'ajoutent les arrivées de collections, les samedis — journée la plus forte de la semaine — et les dimanches d'ouverture exceptionnelle en fin d'année.
Le cadre conventionnel épouse ce rythme : périodes hautes bornées, plannings semestriels, renforts encadrés. Encore faut-il tenir les compteurs qui vont avec.
La modulation de branche : l'accord du 4 mai 1999
L'accord du 4 mai 1999 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail, étendu par arrêté du 4 août 1999, reste le dispositif de branche pour faire varier les horaires — la fiche DREETS de la branche le présente toujours comme tel.
L'option n° 1 : la modulation
C'est la seule vraie modulation de branche, pensée pour le commerce de mode :
| Règle | Valeur |
|---|---|
| Horaire de référence | 35 heures en moyenne |
| Périodes de forte activité | 2 périodes de 5 semaines chacune (consécutives ou non) par planning semestriel |
| Transmission du planning | 1 mois avant le début des périodes hautes |
| Plafond en période haute | 42 heures par semaine |
| Délai de prévenance d'un changement | 7 jours calendaires, confirmé par affichage |
| Amplitude journalière (équipes chevauchantes ou par roulement) | 11 heures maximum |
Le principe de compensation est classique : les heures effectuées entre 35 et 42 heures pendant les périodes hautes ne sont ni majorées ni imputées sur le contingent, à condition d'être compensées par des périodes en dessous de 35 heures.
En fin de période, la régularisation joue dans les deux sens :
- le reliquat non compensé est payé en heures supplémentaires, selon la législation en vigueur ;
- le salarié conserve le bénéfice des heures non travaillées lorsque les périodes basses ont excédé les périodes hautes — sauf démission ou licenciement pour faute grave ou lourde.
L'avenant n° 2 du 5 juin 2001 a ajouté le lissage de la rémunération sur la base de 35 heures, avec régularisation au réel pour les salariés qui n'accomplissent pas toute la période (embauche ou départ en cours de période).
Les autres options de l'accord
L'accord de 1999 propose trois autres formules, à horaire constant compensé en repos :
- Option n° 2 : 36 heures sur 4 jours, avec 6,5 jours de repos supplémentaires par an ;
- Option n° 3 : 39 heures sur 5 jours, avec 24 jours de repos par an — 4 jours de ponts, 5 jours formant une « sixième semaine », 10 jours au choix de l'employeur (prévenance d'un mois), 5 jours au choix du salarié (prévenance de 7 jours), à prendre hors périodes de suractivité (13 semaines maximum par an) ;
- Option n° 4 : 32 heures sur 4 jours payées 36, par avenant au contrat.
L'option n° 3 est en pratique un régime de RTT : 24 jours à planifier, avec des règles d'initiative et de prévenance différentes selon les jours — typiquement le genre de règles qui exigent un compteur dédié.
→ Voir l'article : Comment s'articulent RTT et annualisation du temps de travail
Heures supplémentaires : contingent légal, repos encadré
Le contingent conventionnel de 130 heures fixé en 1999 n'a pas survécu : l'avenant n° 3 du 26 novembre 2007 (étendu par arrêté du 7 juillet 2008) a acté qu'il ne s'appliquait plus depuis fin 2002 et que, faute de contingent conventionnel, c'est le contingent réglementaire qui s'applique — soit 220 heures par salarié et par an aujourd'hui, avec les majorations légales de 25 % (8 premières heures) et 50 % au-delà.
L'avenant n° 1 du 16 mars 2000 (étendu par arrêté du 10 novembre 2000) organise le traitement de ces heures :
- si elles sont programmées régulièrement, le salaire correspondant peut être lissé sur l'année ;
- le paiement peut être remplacé par un repos compensateur équivalent — par accord d'entreprise ou, à défaut de représentants du personnel, par l'employeur avec l'accord du salarié ; ces heures ne s'imputent alors pas sur le contingent ;
- le repos se prend par journée ou demi-journée, dans les 6 mois.
→ Le sujet est développé dans l'article : Que se passe-t-il si le planning hebdomadaire est prévu à plus de 35 heures ?
HUBO Planning Web automatise tout cela.
Temps partiel : l'accord du 23 octobre 2025 change les règles
Avec 30 % de temps partiel, la branche était tenue de négocier. Le résultat est l'accord du 23 octobre 2025 relatif aux travailleurs à temps partiel, étendu par arrêté du 20 mai 2026 (JORF du 6 juin 2026), qui annule et remplace l'article 38 de la convention. C'est le texte à jour — et il diffère sensiblement de ce qu'affichent encore beaucoup de sites.
Durée minimale : retour au plancher légal de 24 heures
La branche ne déroge plus à la durée minimale légale : à défaut d'accord de branche sur ce point, ce sont les dispositions légales qui s'appliquent — 24 heures par semaine, avec les dérogations légales habituelles (demande écrite et motivée du salarié, étudiant de moins de 26 ans, CDD de 7 jours au plus, CDD de remplacement).
Heures complémentaires et organisation des journées
| Règle | Valeur |
|---|---|
| Plafond d'heures complémentaires | 1/3 de la durée contractuelle |
| Majoration jusqu'au 1/10ᵉ de la durée | 10 % |
| Majoration au-delà, jusqu'au 1/3 | 25 % |
| Prévenance pour des heures complémentaires | 5 jours ouvrés, réductibles à 3 en cas de circonstances exceptionnelles imprévisibles |
| Modification de la répartition des horaires | 7 jours ouvrés |
| Demi-journée de travail | 3 heures de travail effectif minimum |
| Coupure | 1 seule par jour, 2 heures maximum — portée à 3 heures si le point de vente ferme quotidiennement, avec en contrepartie 3 heures minimum de travail continu dans la journée |
Le refus d'effectuer des heures complémentaires au-delà des limites du contrat, ou demandées hors délai, n'est pas fautif. Le refus d'une modification de la répartition ne l'est pas non plus quand le contrat n'a rien prévu, ou en cas d'obligations familiales impérieuses, d'études, de responsabilités associatives ou d'un autre emploi.
Les compléments d'heures par avenant : le renfort des soldes enfin outillé
C'est la vraie nouveauté de 2025 — l'ancienne convention ne le permettait pas. Un salarié à temps partiel volontaire peut voir sa durée temporairement augmentée par avenant, pour des motifs limitativement listés :
- remplacement d'un salarié absent (avenants de 7 jours calendaires maximum chacun) ;
- formation ;
- soldes ;
- fêtes commerciales : Saint-Valentin, fêtes des mères et des pères, fêtes des grands-mères et des grands-pères ;
- rentrée scolaire (première semaine de septembre) ;
- fêtes de fin d'année (semaine de Noël).
Deux plafonds annuels par salarié : 6 avenants maximum et 10 semaines cumulées maximum. Les heures effectuées dans le cadre de l'avenant sont majorées de 20 %, celles effectuées au-delà de l'avenant de 25 %.
Enfin, l'accord renforce la priorité d'accès au temps plein (réponse écrite de l'employeur sous 7 jours calendaires) et prévoit qu'un jour férié chômé compris dans l'horaire habituel d'un temps partiel n'entraîne aucune perte de salaire.
→ Voir l'article : Comment calculer les heures annuelles à faire pour les salariés à temps partiel
Dimanche et jours fériés
Dimanche : le droit commun s'applique
La branche n'a aucune disposition nationale sur le travail dominical. Selon la situation de la boutique :
| Situation | Contrepartie |
|---|---|
| Dimanches du maire (jusqu'à 12 par an) | Salaire au moins doublé + repos compensateur équivalent, sur la base du volontariat écrit |
| Zone touristique / zone touristique internationale / zone commerciale | Contreparties fixées par l'accord collectif qui permet l'ouverture — la branche n'en prévoit pas |
Les dimanches de fin d'année autorisés par le maire sont le cas typique : chaque dimanche travaillé génère à la fois une majoration de 100 % et un repos compensateur à replacer dans le planning.
Jours fériés : 4 imposables, majoration de 100 % (article 25)
Le régime conventionnel est original et très concret :
- le 1ᵉʳ mai est obligatoirement chômé et rémunéré ;
- 4 jours fériés par an peuvent être travaillés au gré de l'employeur ; au-delà, le travail d'un jour férié repose sur le volontariat ;
- les heures effectuées un jour férié travaillé sont majorées de 100 % et ne peuvent pas être récupérées.
Pour l'employeur, cela impose de compter les fériés imposés à chaque salarié dans l'année : le cinquième ne peut être que volontaire. En Alsace-Moselle, le droit local s'ajoute à ce régime.
Congés : un calendrier verrouillé tôt, des jours d'ancienneté
Le chapitre I contient des règles de planification des congés plus strictes que le droit commun :
- le calendrier des congés principaux est établi par l'employeur avant le 15 mars de chaque année, en tenant compte autant que possible des congés scolaires ;
- l'ordre et les dates de départ ne peuvent plus être modifiés moins de 2 mois avant le départ, sauf circonstances exceptionnelles ;
- les conjoints travaillant dans la même entreprise ont droit à un congé simultané ;
- le rappel d'un salarié en congé — cas exceptionnel motivé — ouvre droit à 2 jours ouvrables de congé supplémentaires, aux délais de voyage et au remboursement des frais ;
- congés d'ancienneté : 1 jour après 20 ans, 2 jours après 25 ans, 3 jours après 30 ans de présence.
S'y ajoutent les congés pour événements familiaux (article 24) : mariage du salarié 4 jours ouvrés (5 après un an de présence), naissance ou adoption 3 jours, décès du conjoint ou d'un enfant 4 jours, d'un père ou d'une mère 3 jours — avec un jour de plus si l'événement impose un déplacement de plus de 300 km.
Pour le reste — travail de nuit, travail en soirée, forfaits jours, journée de solidarité, pauses — la branche est muette : c'est le droit commun, et un forfait jours cadre suppose un accord d'entreprise.
→ Voir l'article : Comment calculer les heures annuelles à faire si le salarié bénéficie de congés d'ancienneté
HUBO Planning Web automatise tout cela.
Le logiciel de planning d'une boutique qui vit au rythme des soldes
HUBO Planning Web gère les plannings et les compteurs des entreprises dont la charge varie fortement dans l'année — et une boutique de prêt-à-porter en est l'exemple type. Les règles de la branche et de votre accord sont paramétrées à la mise en service, et les compteurs se tiennent à jour en temps réel :
- Modulation de l'option n° 1 : périodes hautes de 5 semaines plafonnées à 42 heures, compensation sous 35 heures, et régularisation de fin de période calculée automatiquement
- Planning semestriel conservé comme référence, avec traçabilité des modifications et de leur délai de prévenance de 7 jours calendaires
- Compteur RTT de l'option n° 3 : 24 jours de repos suivis par catégorie (ponts, sixième semaine, jours employeur, jours salarié), chacun avec sa règle de prévenance
- Contingent de 220 heures suivi par salarié, et repos compensateur de remplacement avec son échéance de 6 mois
- Temps partiels au nouvel article 38 : plafond du tiers en heures complémentaires, tranches à 10 % et 25 %, contrôle des coupures (2 heures, ou 3 heures avec 3 heures de travail continu) et des demi-journées de 3 heures minimum
- Compléments d'heures par avenant : compteur de 6 avenants et de 10 semaines cumulées par salarié et par an, avec les natures d'heures majorées à 20 % et 25 %
- Jours fériés : décompte des fériés imposés (4 maximum par an et par salarié) et nature d'heures majorée à 100 %
- Dimanches du maire : majoration de 100 % et repos compensateur à replacer, en fin d'année notamment
- Congés : calendrier annuel posé tôt, jours d'ancienneté intégrés au calcul des heures à faire
- Accès salarié : chacun consulte son planning et ses compteurs depuis son téléphone et pose ses demandes en ligne — précieux quand l'équipe s'étoffe pour les soldes

Vos compteurs à jour, même pendant les soldes
HUBO Planning Web recalcule le compteur de chaque salarié à chaque modification du planning — y compris les renforts par avenant et les dimanches de fin d'année — et vous montre le solde prévisionnel de fin de période avant qu'il ne devienne un problème. Offre de lancement : paramétrage initial offert et tarif fondateur à 5 €/salarié/mois (10 places).
Documents de référence
- Convention collective nationale du commerce de détail de l'habillement et des articles textiles du 25 novembre 1987 (IDCC 1483, brochure 3241), révisée par avenant du 17 juin 2004, étendu par arrêté du 8 décembre 2004 — notamment l'article 25 (jours fériés), l'article 22 (congés payés et congés d'ancienneté) et l'article 24 (congés de courte durée).
- Accord du 4 mai 1999 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail, étendu par arrêté du 4 août 1999 (JO du 8 août 1999) — options n° 1 (modulation) à n° 4 ; complété par l'avenant n° 1 du 16 mars 2000 (heures supplémentaires et repos compensateur, étendu par arrêté du 10 novembre 2000) et l'avenant n° 2 du 5 juin 2001 (lissage de la rémunération, étendu par arrêté du 10 octobre 2001).
- Avenant n° 3 du 26 novembre 2007, étendu par arrêté du 7 juillet 2008 — fin du contingent conventionnel de 130 heures : application du contingent réglementaire depuis le 1ᵉʳ janvier 2003.
- Accord du 23 octobre 2025 relatif aux travailleurs à temps partiel, étendu par arrêté du 20 mai 2026 (JORF du 6 juin 2026) — nouvel article 38 : durée minimale, heures complémentaires, coupures, compléments d'heures par avenant.
- Avenant du 10 février 2020 relatif au champ d'application, étendu par arrêté du 21 mai 2021.
- Code du travail : articles L. 3121-44 et suivants (aménagement par accord d'entreprise), L. 3121-45 (aménagement unilatéral sur 9 semaines), L. 3132-26 et L. 3132-27 (dimanches du maire).
Pour aller plus loin
Articles détaillés sur cette convention




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