
Optique-lunetterie (IDCC 1431) : planning et annualisation en magasin d'optique
Votre accord d'entreprise prime sur la convention collective
Depuis la loi Travail du 8 août 2016, généralisée par les ordonnances du 22 septembre 2017, un accord d'entreprise prime sur la convention de branche pour l'essentiel du temps de travail — aménagement sur l'année, contingent et majoration des heures supplémentaires, délais de prévenance, congés, forfait jours — y compris lorsqu'il est moins favorable. La branche ne reste impérative que sur une liste courte (régimes d'équivalence, période de référence supérieure à un an, durée minimale du temps partiel, durée maximale des travailleurs de nuit). À défaut d'accord d'entreprise, ce sont les règles décrites ci-dessous qui s'appliquent.
C'est pourquoi HUBO Planning est paramétré à partir de votre accord d'entreprise lorsqu'il en existe un, et sur la convention à défaut. L'outil est conçu pour cette souplesse : les règles de calcul se règlent structure par structure, et vous pouvez ajouter autant de compteurs spécifiques que nécessaire — intégrés au compteur principal d'annualisation, ou suivis séparément.
La convention 1431 en bref
La convention collective nationale de l'optique-lunetterie de détail (IDCC 1431, brochure 3084) couvre les entreprises dont l'activité principale est « le montage et la délivrance de produits, de services et/ou de prestations de santé d'optique médicale et d'optique-lunetterie de détail » — code NAF 47.78A, magasins, ateliers et bureaux compris.
C'est la convention d'environ 12 800 points de vente et de plus de 30 000 salariés, dans une branche composée à 95 % de TPE de moins de 10 salariés.
Deux textes jalonnent son histoire :
- la convention du 2 juin 1986, étendue par arrêté du 15 octobre 1986 ;
- sa réécriture complète par l'avenant du 13 juin 2019, étendue par arrêté du 21 mai 2021 — c'est le texte en vigueur, signé côté patronal par le ROF et la FNOF.
Sur le temps de travail, cette convention a une particularité qu'il faut annoncer d'emblée : elle dit très peu de choses. Pas d'accord d'annualisation de branche, pas de forfait jours, pas de contingent conventionnel, pas de majoration du dimanche. Mais les quelques règles qu'elle pose — répartition sur 5 jours, repos accolé au dimanche, contrepartie des fériés travaillés, réajustement des temps partiels — pèsent directement sur la construction des plannings.
Le rythme d'un magasin d'optique
Un magasin d'optique ne vit pas une année plate. La charge se concentre sur des périodes bien identifiées :
- la fin d'année, portée par la consommation des forfaits optique des complémentaires santé avant le 31 décembre — novembre et décembre sont les mois les plus chargés de l'année ;
- la rentrée de septembre, avec les renouvellements qui suivent les examens de vue de la période scolaire ;
- les soldes de janvier et les opérations commerciales ;
- le samedi, systématiquement la journée la plus forte de la semaine, et l'ouverture 6 jours sur 7 en centre commercial ou en centre-ville.
À cela s'ajoute le double métier du personnel : la vente au comptoir d'un côté, l'atelier de montage et les examens de vue de l'autre, qui n'ont pas les mêmes contraintes horaires.
C'est exactement le profil d'activité pour lequel l'annualisation a été conçue. Le paradoxe de la branche, c'est que la convention ne l'outille pas : tout se joue au niveau de l'entreprise.
Ce que la convention dit du planning : l'article 25
L'article 25 tient en trois phrases, mais la troisième est une vraie règle de planning :
« La durée du travail est fixée conformément aux lois et règlements en vigueur. Les heures supplémentaires donnent lieu à une rétribution supplémentaire selon les pourcentages fixés par ces mêmes lois et règlements. L'horaire de travail est réparti sur 5 jours, le second jour de repos étant accolé au dimanche. »
Concrètement :
- la semaine de chaque salarié se construit sur 5 jours travaillés ;
- le salarié bénéficie de 2 jours de repos, dont le second est accolé au dimanche — donc placé le samedi ou le lundi ;
- un magasin ouvert 6 jours sur 7 couvre son amplitude par la rotation des repos entre salariés, pas en allongeant la semaine individuelle.
C'est une contrainte forte pour l'équipe d'un magasin où le samedi est le jour le plus chargé : les repos du samedi se distribuent avec parcimonie, et l'équité de cette distribution devient vite un sujet d'équipe — donc un compteur à tenir.
Heures supplémentaires : le droit commun s'applique
L'article 33 fixe le taux horaire de référence (1/151,67ᵉ du traitement mensuel pour 35 heures) et renvoie à la réglementation pour le reste. En l'absence de toute disposition conventionnelle spécifique :
| Sujet | Règle applicable |
|---|---|
| Majoration des 8 premières heures supplémentaires | 25 % (droit commun) |
| Majoration au-delà | 50 % |
| Contingent annuel | 220 heures par salarié (contingent réglementaire) |
| Durée journalière maximale | 10 heures |
| Durée hebdomadaire maximale | 48 heures, 44 heures en moyenne sur 12 semaines |
| Repos quotidien | 11 heures |
Un accord d'entreprise peut fixer d'autres valeurs (majorations, contingent), mais rien ne vient de la branche.
→ Le sujet est développé dans l'article : Que se passe-t-il si le planning hebdomadaire est prévu à plus de 35 heures ?
Annualiser dans l'optique : par accord d'entreprise, ou sur 9 semaines
C'est le point central de cette page : la branche de l'optique n'a jamais conclu d'accord d'aménagement, de modulation ou d'annualisation du temps de travail. La liste chronologique officielle des textes de la branche, de 1986 à aujourd'hui, ne contient aucun accord RTT — contrairement à la plupart des branches du commerce, qui ont négocié le leur en 1999-2001.
Un magasin d'optique qui veut faire varier les horaires sur l'année a donc deux voies, toutes deux issues du Code du travail :
1. L'accord d'entreprise (articles L. 3121-41 et suivants)
- Période de référence jusqu'à 1 an (3 ans si un accord de branche l'autorise — ce n'est pas le cas ici) ;
- base annuelle de 1 607 heures pour un temps plein, les heures supplémentaires se décomptant en fin de période au-delà de cette cible ;
- lissage de la rémunération possible ;
- délai de prévenance des changements d'horaires fixé par l'accord — 7 jours par défaut si l'accord ne dit rien.
Même dans une TPE sans délégué syndical, cet accord est accessible : dans les entreprises de moins de 11 salariés (et de 11 à 20 sans élu), l'employeur peut proposer un projet d'accord ratifié par référendum à la majorité des deux tiers du personnel.
2. L'aménagement unilatéral sur quelques semaines (articles L. 3121-45 et D. 3121-27)
À défaut d'accord, l'employeur peut organiser unilatéralement la répartition des horaires sur une période de plusieurs semaines :
- 9 semaines maximum dans les entreprises de moins de 50 salariés — le cas de la quasi-totalité des magasins d'optique ;
- 4 semaines maximum à partir de 50 salariés.
C'est suffisant pour absorber un pic de fin d'année ou une période de soldes, mais pas pour construire une vraie compensation annuelle entre semaines hautes et semaines basses.
→ Voir l'article : Le calcul des heures annuelles à faire en annualisation
HUBO Planning Web automatise tout cela.
Temps partiel : la clause des 12 semaines (article 8)
Le temps partiel est massif dans la branche, et c'est là que la convention contient sa disposition la plus originale — et la plus exigeante en matière de suivi des heures.
Le réajustement automatique du contrat
Si, pendant 12 semaines consécutives, l'horaire moyen réellement effectué par un salarié à temps partiel dépasse d'au moins 2 heures par semaine l'horaire prévu à son contrat, le contrat est modifié : l'horaire contractuel est porté à l'horaire moyen réellement pratiqué, moyennant un préavis de 7 jours, sauf opposition du salarié.
Autrement dit : un « petit contrat » complété chaque semaine par des heures complémentaires ne reste pas longtemps un petit contrat. L'employeur qui ne suit pas les heures réelles semaine par semaine découvre la révision du contrat quand elle est déjà acquise.
Les autres règles du temps partiel
- Heures complémentaires : jusqu'à 1/3 de la durée hebdomadaire ou mensuelle prévue au contrat — le plafond maximal permis par la loi. Faute de majoration conventionnelle, ce sont les taux légaux qui s'appliquent : 10 % jusqu'au 1/10ᵉ de la durée contractuelle, 25 % au-delà.
- Modification de la répartition des horaires : préavis de 7 jours.
- Priorité d'accès aux emplois à temps complet pour les salariés à temps partiel, et réciproquement.
- Faute de disposition de branche : durée minimale légale de 24 heures par semaine (sauf dérogations individuelles), et au plus une interruption d'activité par jour, limitée à 2 heures.
La branche n'a pas non plus institué de temps partiel aménagé sur l'année : là encore, il faut un accord d'entreprise.
→ Voir l'article : Comment calculer les heures annuelles à faire pour les salariés à temps partiel
Dimanche et jours fériés
Dimanche : pas de majoration de branche, une contrainte de repos
La convention ne prévoit aucune contrepartie conventionnelle pour le travail dominical. Selon la situation du magasin, ce sont les régimes légaux qui s'appliquent :
| Situation | Contrepartie |
|---|---|
| Dimanches du maire (jusqu'à 12 par an) | Salaire au moins doublé + repos compensateur équivalent (article L. 3132-27 du Code du travail) |
| Zone touristique / zone touristique internationale | Contreparties fixées par l'accord collectif qui permet l'ouverture |
La contrainte propre à la branche est indirecte mais réelle : le second jour de repos étant accolé au dimanche, un dimanche travaillé bouscule toute l'architecture des repos de la semaine.
Jours fériés : une contrepartie à apurer dans le trimestre (article 40)
- Le 1ᵉʳ mai est obligatoirement chômé.
- Les 10 autres jours fériés chômés sont payés sans réduction de salaire, toutes primes comprises.
- Un jour férié travaillé ouvre droit, au choix, à un jour de repos compensateur payé ou à une indemnité de 7/151,67ᵉ du salaire mensuel.
- Le repos ou l'indemnité doit être apuré au plus tard le dernier jour du trimestre civil suivant le jour férié.
Cette échéance trimestrielle est typiquement le genre de règle qui se perd dans un planning papier : chaque férié travaillé ouvre un droit daté, qu'il faut solder avant une date butoir propre.
Renforts et CDD : la carence aménagée
L'accord du 14 mars 2019 relatif au délai de carence entre deux CDD (étendu par arrêté du 6 novembre 2020) intéresse directement les magasins qui recrutent des renforts pour la fin d'année :
- carence ramenée à 1/3 de la durée du contrat (contrat de 14 jours et plus) ou à la moitié (contrat de moins de 14 jours) ;
- carence supprimée dans trois cas, dont l'enchaînement de CDD de remplacement de plusieurs absents sur un même type de poste.
Par ailleurs, l'annualisation mise en place par accord d'entreprise peut s'appliquer aux CDD — à condition de proratiser leur cible d'heures sur la durée de leur contrat.
→ Voir l'article : Gérer les salariés en CDD de manière annualisée, c'est possible
Congés et absences : peu de spécificités
- Congés payés (article 35) : renvoi pur aux dispositions légales — pas de congés d'ancienneté conventionnels.
- Congés exceptionnels (article 37, issus de l'accord du 30 juin 2009) : mariage ou Pacs 4 jours (1 semaine après 1 an de présence), mariage d'un enfant 2 jours, naissance ou adoption 3 jours, décès d'un enfant 5 jours, décès du conjoint ou d'un parent 3 jours, annonce d'un handicap chez un enfant 2 jours — tous assimilés à du travail effectif.
- Journée de solidarité : aucune disposition de branche ; elle se fixe par accord d'entreprise ou décision unilatérale.
- Forfait jours : aucun dispositif de branche, ni pour les cadres ni pour les agents de maîtrise. Un forfait annuel en jours n'est possible que par accord d'entreprise.
HUBO Planning Web automatise tout cela.
Le logiciel de planning d'un magasin qui vit au rythme des mutuelles
HUBO Planning Web gère les plannings et les compteurs des entreprises dont la charge varie fortement dans l'année, et un magasin d'optique en fait partie, même si sa convention ne fournit pas le cadre d'annualisation. Les règles applicables chez vous (votre accord d'entreprise s'il existe, le droit commun sinon) sont paramétrées à la mise en service, et les compteurs se tiennent à jour en temps réel :
- Annualisation sur 1 607 heures selon votre accord d'entreprise, ou aménagement sur 9 semaines pour absorber le pic de fin d'année sans accord
- Contrôle des repos : 2 jours par semaine, avec le second accolé au dimanche — le planning signale toute semaine qui déroge à la règle de l'article 25
- Équité des samedis : compteur de samedis travaillés et de samedis de repos par salarié, pour objectiver la rotation sur la journée la plus forte
- Jours fériés travaillés : chaque férié ouvre un droit daté (repos compensateur ou indemnité) avec son échéance de fin de trimestre civil suivant
- Temps partiels sous surveillance : l'écart entre heures réelles et horaire contractuel est suivi semaine par semaine, et la clause des 12 semaines consécutives à +2 heures est détectée avant que la révision du contrat ne soit acquise
- Heures complémentaires : plafond du tiers de la durée contractuelle et distinction des tranches à 10 % et 25 %
- Contingent de 220 heures suivi par salarié, ou la valeur fixée par votre accord
- Dimanches du maire : natures d'heures distinctes pour alimenter la majoration de 100 % et le repos compensateur
- CDD de renfort : cible proratisée sur la durée du contrat, utile pour les saisonniers de novembre-décembre
- Accès salarié : chacun consulte son planning et ses compteurs depuis son téléphone et pose ses demandes en ligne

Vos compteurs à jour, même pendant le rush des forfaits mutuelles
HUBO Planning Web recalcule le compteur de chaque salarié à chaque modification du planning — y compris les renforts de fin d'année et les samedis redistribués — et vous montre le solde prévisionnel de fin de période avant qu'il ne devienne un problème. Offre de lancement : paramétrage initial offert et tarif fondateur à 5 €/salarié/mois (10 places).
Documents de référence
- Convention collective nationale de l'optique-lunetterie de détail (IDCC 1431, brochure 3084) — texte du 2 juin 1986, entièrement réécrit par l'avenant du 13 juin 2019, étendu par arrêté du 21 mai 2021 (JORF du 9 juin 2021).
- Article 25 — Durée du travail : répartition de l'horaire sur 5 jours, second jour de repos accolé au dimanche.
- Article 8 — Temps partiel : heures complémentaires au tiers, clause de réajustement après 12 semaines de dépassement, préavis de 7 jours.
- Article 33 — Heures supplémentaires et article 40 — Jours fériés.
- Accord du 14 mars 2019 relatif au délai de carence entre deux CDD, étendu par arrêté du 6 novembre 2020.
- Code du travail : articles L. 3121-41 et suivants (aménagement du temps de travail par accord), L. 3121-45 et D. 3121-27 (aménagement unilatéral sur 9 semaines), L. 3123-27 (durée minimale du temps partiel), L. 3132-27 (dimanches du maire).
Pour aller plus loin
Articles détaillés sur cette convention




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